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Le trouble développemental du langage (TDL) se distingue d’un simple retard de langage par sa nature et sa durée. Alors qu’un retard peut se résorber avec le temps, le TDL est un trouble neurodéveloppemental présent dès la naissance et qui persiste toute la vie. Son impact varie selon chaque individu, allant de léger à plus sévère. Il touche principalement les habiletés langagières, en affectant soit l’expression orale, soit la compréhension, ou parfois les deux.

Les difficultés d’expression peuvent inclure des problèmes à prononcer certains sons, à construire des phrases complètes, à utiliser le bon vocabulaire ou à structurer un discours clair et logique. Du côté de la compréhension, les enfants atteints peuvent avoir du mal à suivre des consignes, à comprendre les sous-entendus ou l’humour, ainsi qu’à saisir les notions de temps ou d’espace. Ces défis peuvent avoir des répercussions sur les apprentissages, les relations sociales et la confiance en soi, d’où l’importance d’une intervention précoce et adaptée (Regroupement TDL Québec, 2019).

Au quotidien

À la différence d’un retard de langage, le trouble développemental du langage (TDL) est un problème d’origine neurodéveloppementale présent dès la naissance et qui accompagne la personne tout au long de sa vie, avec des degrés d’impact variables selon les individus. Le TDL peut affecter autant la capacité à s’exprimer, par exemple en causant des difficultés à produire certains sons, à former des phrases complètes, à utiliser un vocabulaire précis ou à structurer un discours cohérent, que la compréhension du langage, par exemple lorsqu’il s’agit de suivre des instructions, d’interpréter des sous-entendus, de saisir l’humour, ou de comprendre des notions comme le temps ou l’espace (Regroupement TDL Québec, 2019).

Par exemple, on pourrait noter que l’enfant ou la personne :

  • Parle peu ou parle beaucoup et avec des gestes.
  • Déforme les mots longs ou complexes ; donc parfois difficile à bien comprendre.
  • Formule des phrases incomplètes ou courtes.
  • Mélange l’ordre des mots dans les phrases.
  • Raconte une histoire qui est difficile à suivre (manque de cohérence et de cohésion).
  • Entend bien mais ne semble pas comprendre ce qu’on lui dit ou comprend de travers.
  • Confond des mots proches (ex. : pomme…paume…).
  • Saisit difficilement l’humour (2e degré).
  • Se sent vite débordé par la multitude d’information à décoder.
  • Se replie sur lui-même, s’isole ou semble triste.
  • A de la difficulté à savoir le bon moment pour prendre la parole dans une conversation.
  • A de la difficulté à se souvenir (mémoire).
  • A de la difficulté dans la généralisation de certains apprentissages.
  • A une concentration parfois limitée.
  • Est rigide dans certains apprentissages ou face à la nouveauté.
  • A une difficulté avec certaines règles sociales (ex. : attendre son tour, éviter de couper la parole, respecter la bulle des autres).

Impacts possibles au quotidien

  • La compréhension de notions abstraites (temps, blagues ou expressions).
  • L’estime de soi.
  • Les apprentissages.
  • Difficulté à s’instaurer une routine.
  • Anxiété.
    Moins grande autonomie.
    Isolement et rejet social.
Enfant bras tendus vers le ciel nuageux.
Enfant dessine, adultes en arrière-plan.

Forces généralement présentes

  • Persévérance
  • Authenticité
  • Curiosité
  • Générosité
  • Désir de collaborer
  • Désir de communiquer.
  • Désir de s’intégrer au groupe.
  • Sensibilité accrue aux indices visuels pour comprendre.
  • Sensibilité au climat du groupe.
  • Sensibilité à ses propres difficultés.

Quand consulter en orthophonie ?

Enfant courant joyeusement dans un parc ensoleillé.

Avant 18 mois

L’enfant ne tente pas de communiquer, n’imite pas les sons, établit peu de contact visuel et explore rarement le langage.

De 18 à 24 mois

Un enfant avec un TDL peut avoir du mal à comprendre les consignes, combiner des mots, mémoriser les sons ou interagir. Il peut aussi présenter des difficultés d’attention, d’adaptation et de comportement liées à l’absence de langage.

Enfant pensif portant un pull bleu, intérieur lumineux.

Entre 2 et 3 ans

L’enfant comprend mal les mots abstraits, utilise surtout des gestes, parle peu et forme rarement des phrases. Son vocabulaire est limité, il omet des sons en parlant et est généralement compris seulement par ses proches.

Entre 3 et 5 ans

L’enfant a du mal à maintenir un dialogue, s’exprime avec des phrases courtes, confuses et remplies d’erreurs. Son vocabulaire est limité, il comprend mal les consignes complexes et a du mal à se faire comprendre.

Entre 5 et 6 ans

L’enfant parle comme un plus jeune, utilise des phrases brèves et raconte de façon désorganisée. Il comprend mal les consignes, confond les sons, et a de la difficulté avec le temps, l’espace et les questions.

Le trouble développemental du langage en milieu scolaire

Le trouble développemental du langage (TDL) peut influencer de manière significative le parcours scolaire des élèves qui en sont atteints, en raison de ses répercussions sur leur quotidien à l’école (Croteau et al., 2015). Ce trouble neurodéveloppemental affecte notamment l’acquisition de compétences essentielles comme la lecture et l’écriture, rendant les apprentissages scolaires plus complexes pour ces élèves (Breault et al., 2019).

 Les élèves qui vivent avec un TDL peuvent ainsi avoir de la difficulté à comprendre ce qu’ils lisent et à s’exprimer par écrit.

Enfant apprenant la langue des signes
Enfant heureux étreignant un adulte dans la nature.

Code 34

Le code 34 peut être attribué à un élève lorsqu’une évaluation en orthophonie confirme la présence d’un trouble développemental du langage (TDL) ayant des répercussions importantes. Plus précisément, le TDL doit être jugé sévère sur le plan de l’expression et au moins modéré à sévère en compréhension. Pour qu’un élève soit reconnu comme ayant une déficience langagière selon ce code, le trouble doit nuire de façon marquée à sa capacité à communiquer verbalement, à interagir socialement et à progresser dans ses apprentissages. Les critères précis associés à ce code sont détaillés à la page 17 du document L’organisation des services éducatifs aux élèves à risque et aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Il est important de noter que ce ne sont pas les parents qui doivent faire la demande pour ce code : chaque centre de services scolaire suit un processus annuel de validation pour s’assurer que seuls les élèves admissibles reçoivent les codes de difficulté appropriés.

Plan d’intervention scolaire

Selon l’article 96.14 de la Loi sur l’instruction publique, un plan d’intervention (PI) doit être mis en place pour répondre aux besoins des élèves ayant un handicap ou des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage. L’élaboration de ce plan est sous la responsabilité de la direction de l’école, en collaboration avec les membres de l’équipe-école qui interviennent auprès de l’élève, ainsi que les parents et l’élève lui-même.

Toutes les informations détaillées à propos du plan d’intervention se trouvent dans le document Le plan d’intervention… au service de la réussite de l’élève. Le PI sert à structurer et coordonner les actions qui seront prises par l’école pour soutenir l’élève. Même si sa présentation peut varier d’un centre de services scolaire à un autre, la démarche générale reste la même. Elle commence par une collecte et une analyse de données pour bien cerner les besoins et les forces de l’élève, étape à laquelle les parents, qui connaissent bien leur enfant, sont invités à contribuer. Ensuite, des objectifs sont déterminés collectivement, ainsi que les moyens et les ressources pour les atteindre. Un échéancier est établi et les responsabilités de chacun sont précisées. Le PI est révisé au cours de l’année et à la fin de l’année scolaire, puis ajusté au besoin. Ce soutien peut faire toute la différence : il permet de mieux se préparer aux rencontres, de mieux comprendre les enjeux discutés et d’assurer que les besoins de votre enfant soient bien représentés. L’accompagnement vise à renforcer la confiance des parents dans leurs échanges avec le milieu scolaire.

Saviez-vous qu’à titre de parent, vous pouvez être accompagné par un intervenant de votre association régionale ou par un représentant de Place à l’école lors des rencontres avec l’équipe-école ?

Place à l’école propose divers services visant à soutenir et outiller les parents tout au long de leur collaboration avec l’équipe-école, notamment dans le cadre du processus d’intégration et d’inclusion scolaire de leur enfant.

Enfant dessinant avec un adulte attentif.
Fille criant avec des lettres s'envolant

Stimulation de l’expression du langage

Voici quelques conseils pour stimuler le langage :

  • laisser du temps à l’enfant et être patient – Attendre et lui laisser le temps d’organiser sa pensée. Il ne faut pas avoir peur des silences ;
  • le laisser s’exprimer à son rythme;
  • suivre les intérêts de l’enfant – Écouter et observer l’enfant pour ensuite parler de ses intérêts;
  • éviter de le faire répéter – Plutôt répéter après lui quand il a mal prononcé un mot ou redire la phrase correctement;
  • allonger les phrases en ajoutant des mots aux phrases de l’enfant;
  • décrire ses actions et celles de l’enfant;
  • dire le début du mot ou donner un choix de réponse pour aider l’enfant à trouver un mot;
  • inciter la conversation avec des questions ouvertes;
  • utiliser les mots compréhensibles de la phrase et poser des questions à l’aide de ce mot pour comprendre le message de l’enfant.